Pour Alaia, la montagne est un terrain d’apprentissage. Dépassement physique, lucidité mentale, corps fonctionnel plutôt qu’idéal esthétique : l’altitude transforme sa manière d’envisager l’endurance, l’alimentation et la récupération. Dans cet entretien, elle revient sur ce que le froid et l’isolement lui ont appris, sur les signaux du corps qu’elle écoute avec précision, et sur la façon dont elle protège sa peau lorsque la barrière cutanée est mise à l’épreuve. Un équilibre entre exigence et retour à l’essentiel.
Dépasser mes limites physiques et mentales
Que vas-tu chercher, physiquement et émotionnellement, lorsque tu pars en montagne ?
Alaia : Je dirais une sorte de dépassement de soi, tant physique que mental.
J’aime sentir la fatigue s’installer, puis décider de continuer. Tester mes limites. Découvrir que le corps a toujours plus de ressources que ce que l’on imagine.
J’aime également apprendre de nouvelles choses autant sur mon environnement que sur des sujets techniques, me sentir plus capable, plus résistante.
Il y a aussi une forme de bien-être très particulière. Cette fatigue profonde, saine, après une journée intense. Puis le repos. Le calme après la tempête. On redécouvre la valeur d’un lit chaud, d’un repas simple, du confort quotidien. Tout devient plus essentiel.
La montagne a transformé mon rapport au corps

En quoi ces « aventures » influencent-elles ton rapport au corps et/ou ta santé mentale ?
Alaia : Elles ont profondément transformé mon rapport au corps. Je ne cherche plus à répondre à un idéal esthétique. Je cherche un corps fonctionnel. Un corps capable de marcher des heures, de porter lourd, de supporter l’altitude, le froid, l’imprévu. Un corps endurant.
Écouter ses besoins et vivre l'instant présent
La montagne m’a aussi appris à comprendre le rôle des aliments. En expédition, je mange du sucre parce que j’ai besoin d’énergie immédiate. Je mange des bonbons pendant ces moments-là alors que j’avais plutôt tendance à banir le sucre ! Cela m’a beaucoup libéré, je ne cherche plus à tout contrôler mais plutôt à m’écouter et me faire plaisir !
Sur le plan mental, c’est avant tout d’être pleinement dans le moment présent. Pas de réseau. Pas de notifications. Le cerveau est mobilisé par l’essentiel : l’itinéraire, les risques, la météo, la faim, la soif, la température corporelle. On s’écoute davantage. On ressent plus finement les signaux internes.
As-tu un souvenir marquant lié au froid à nous raconter ?
Alaia : Je n’ai pas le souvenir d’avoir souffert du froid. Avec les bonnes couches et une organisation rigoureuse, le froid devient un environnement, pas un ennemi. Ce qui me marque, c’est la beauté presque irréelle : les arbres blanchis, le souffle visible dans l’air, le vent qui sculpte la neige. La glace qui recouvre tout. En altitude, les crevasses, le soleil qui se reflète sur la surface glacée, les cheveux qui gèlent. C’est à la fois hostile et absolument époustouflant. On se sent minuscule, fragile. Et en même temps profondément vivant. Marcher, parfois dormir dans cet univers, procure une forme de vertige grisant.
Est-ce que le silence, l’altitude ou l’isolement jouent un rôle dans ta vie ?
Alaia : Oui. J’ai le sentiment d’en avoir besoin. Ma vie est structurée autour de deux extrêmes. Le quotidien, dense, rythmé, bruyant, très social. Puis quelques mois dans l’année, en Idaho, dans les montagnes rocheuses, presque isolés, à deux. J’ai besoin des deux. L’un m’apporte l’énergie collective, l’excitation, l’intensité. L’autre m’apporte le silence, la lenteur et le dépassement physique. Les deux comportent leur part d’adrénaline. Cet équilibre me permet d’être pleinement présente dans chaque univers.
La peau et le grand froid
Comment la peau réagit-elle lors des premiers jours d’exposition au grand froid ?
Alaia : J’ai une peau sensible toute l’année. Le froid accentue cette sensibilité. Très vite, ma peau devient sèche, inconfortable. Les lèvres se fissurent. Des rougeurs apparaissent, notamment avec le vent et les variations thermiques. L’altitude, la réverbération solaire sur la neige et l’air sec fragilisent la barrière cutanée.
Quels signaux du corps écoutes-tu le plus pendant ces séjours ?
Alaia : La température, en priorité. Ne jamais avoir froid. Une fois refroidie, il est très difficile de se réchauffer en altitude. Ne jamais avoir trop chaud non plus : transpirer signifie humidifier ses couches techniques, donc risquer le froid ensuite.
La faim. Lors de longues sorties, je mange régulièrement, même sans sensation intense de faim. L’apport énergétique doit être constant. La soif. J’ai tendance à ne pas boire suffisamment. Je me force à boire de petites quantités très souvent. J’ajoute des électrolytes, notamment ceux de Combeau, pour optimiser l’hydratation et limiter la fatigue. La fatigue. Je fais attention à prévoir des temps de récupération et cela est vrai tout au long de l’année. Pousser ses limites sur un temps défini, pour un objectif, oui. Mais bien se reposer ensuite reste essentiel.
Mon rituel pour protéger et renforcer la peau en altitude
Quels gestes deviennent indispensables pour protéger et renforcer la peau dans ces conditions ?
Alaia : Je me nettoie le visage toujours en douceur :
huile démaquillante puis
savon. L’objectif est d’éliminer sans décaper. J’avoue qu’il m’arrive d’utiliser seulement le savon comme je ne me maquille pas du tout (mais ne le dites pas à la Dre Peres).
Puis je m’hydrate la peau en alternant un jour sur deux/trois - le
masque hydratation intense que je laisse poser toute la nuit et le duo
huile nourrissante et
crème hydratante anti-âge. Je complète avec le baume à lèvres.
Protéger du soleil et du froid
Alaia : Je veille à bien me protéger, c’est essentiel contre le soleil mais aussi contre le froid. J’applique donc la crème solaire tous les jours et surtout je porte une cagoule et des lunettes, constamment.
La
crème réparatrice est mon indispensable. Elle traite immédiatement les zones fragilisées : petites plaies, plaques sèches, petits boutons…
Pour le corps, le
baume éclat jardin d’été est divin. Une application hebdomadaire suffit déjà à maintenir une bonne hydratation. J’utilise également l
’huile tonifiante pour soutenir la récupération musculaire.
Mon kit minimal en montagne
Alaia : Lorsque je pars avec un sac à dos, j’emporte un kit minimal : un petit morceau de savon et un pot de crème hydratante. Mon “kit de survie” Alaena.