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Dr Sylvie Peres, être mère dans les années 90 en étant écologiste et féministe

Comment la maternité a t-elle a changé votre vie en tant que femme dermatologue ? 

Le premier enfant est un tsunami qui remet en question l’équilibre socio professionnel et affectif du couple. L’amour débordant pour le nouveau venu ne doit pas faire oublier l’amour entre les deux parents, mais aussi dans la famille, les amis. Le travail est aussi source d’équilibre, de réalisation personnelle.

Le grand bonheur des femmes de porter leur enfant, puis la relation privilégiée qui en découle surtout si on allaite est source de frustration pour les hommes il faut donc être vigilante pour ne pas qu’ils se sentent exclus.

Beaucoup discuter est aussi nécessaire, écouter l’autre pour qu’il prenne sa place et retrouver un équilibre à 3.

J’ai pris conscience alors, que la parentalité faisait remonter de notre cerveau profond ce qui s’était enregistré dans notre petite enfance, chaque parent ayant un vécu diffèrent il faut trouver un compromis pour l’éducation du bébé dans le respect de sa personnalité. 

Pour moi il était important de travailler car j’aimais mon métier, mais aussi je ne voulais pas que mes enfants soient mon "outil de travail".

Maintenant, dans mes consultations je me rends compte de la fatigue que tout cela entraine. Les mères donnent sans compter et arrivent souvent à épuisement moral : charge mentale , manque de sommeil , mais aussi physique. On ne fait plus de sport, on ne répare pas assez les carences du post-partum, les pertes en fer de chaque mois … il faut savoir le reconnaitre pour y remédier.

Devenir maman dans les années 90 vous a t’il donné plus de force pour aller vers une cosmétique plus clean ?

J’ai grandi dans l’admiration de la nature, la compréhension du vivant avec un père géologue une mère professeure de SVT, mais à cette époque il n’y avait pas d’écologie. Je ne suis devenue « écologiste » que dans les années 2000.

Je voyais la nature se dégrader mais je me sentais impuissante. Je me souviens encore d’avoir emmené mes filles à la rivière où l'on s'amusait à pêcher au milieu des champs de maïs et la rivière était dévastée par l’eutrophisation*

*L’eutrophisation est un phénomène naturel de pollution des écosystèmes aquatiques dû à la prolifération de certains végétaux, le plus souvent des algues, recevant en trop grande quantité les nutriments, tels le phosphore ou l’azote, nécessaires à leur développement. 

En même temps avec mes confrères, nous constations l’augmentation de l’incidence des cancers qui touchaient une population de plus en plus jeune. Lorsque j’ai compris ce lien entre dégradation de l’environnement et dégradation de notre santé, j’ai pensé qu’en expliquant aux gens qu’après la disparition des abeilles et des oiseaux, c’était au tour de nos enfants. Hélas on m'a demandé d’arrêter de faire peur.

Oui être mère, oui cela me pousse à agir sans relâche, comme les parents du petit oiseau qui se jettent sur l’aigle pour défendre leur nid : nous sommes dénaturées au point de perdre cet instinct de base. 

Je trouve intéressant le mouvement d’écoféministes, théorisé par la philosophe Émilie Hache qui publie en 2016 un recueil de textes qui montrent le lien étroit entre la destruction de la nature et les formes d’oppression des femmes. La cosmétologie bio, respectueuse de la santé et de l’environnement, devenait une évidence dans le mode de vie que je souhaitais pour ma famille.

Être maman de 3 filles et passionnée par son travail, comment réussir à trouver le bon équilibre ?

Effectivement je suis d’une génération intermédiaire entre celle de ma mère et votre génération avec des pères qui changent les couches !

D’un côté c’était facile, nos mères avaient fait des études elles pouvaient nous aider dans les devoirs mais faute de structure (crèche, garderie, travail temps partiel) avaient dû renoncer à exercer leur profession pour s’occuper des enfants : donc pas de pression pour les filles, pas de souci pour égaler nos mères à part en cuisine ! Alors que pour les garçons il y avait le poids d’égaler le père. Il y avait une autre catégorie de femmes qui choisissant d’exercer leur profession comme des hommes, sont passées à côté du bonheur de faire grandir leurs enfants. Dans ces années-là ce n’était pas encore les 35 heures et pour mes confrères, travailler si peu c’était comme ne pas travailler, c’était pas sérieux ! Mais je fais partie de ces femmes qui ont ouvert la voie montrant que nous en étions capables. 

Du coté des pères c’était aussi compliqué ils avaient été élevés par une mère à la maison et un père ne participant ni aux tâches de la maison ni à celles concernant leur progéniture. 

Dans le monde professionnel il n’était pas envisageable de prendre du temps pour ces tâches. Nous avons dû dans les couples redéfinir les rôles et leurs répartitions pour conjuguer le rôle de mère, d’épouse avec nos professions.

Mon travail de dermatologue me permettait d’avoir un peu de temps pour profiter de mes 3 filles mais, j’ai beaucoup « couru », je n’étais pas toujours à l’heure à la sortie de l’école et j’ai eu peur qu’elles me le reprochent ; mais au bout du compte je crois que cela a forgé leurs caractères.  

Je remercie ici les mères de mes gendres qui les ont préparés à ce nouvel équilibre.   

Que représente pour vous la transmission mère-fille ? 

C’est merveilleux ! Je suis ravie de ces questions car elles me permettent de me replonger dans les valeurs que j’ai voulu transmettre à mes filles. En particulier ce qui est ma vision du féminisme. J’ai beaucoup appris en écoutant mes patientes, certaines militantes au MLF (Mouvement de Libération de la Femme) et de mes consœurs gynécologues travaillant au planning familial pour un accès libre à la contraception. Il me semble que les années 70 et la libération sexuelle c’était surtout pour une élite émancipée, dans les familles c’est arrivé un peu plus tard. Nous ne devons pas oublier les luttes pour le droit à la contraception et le droit à l’avortement.

C’était à l’époque politique mais aussi physique, elles faisaient des commandos contre les chirurgiens anti-avortement, s’organisaient pour soutenir des femmes épuisées qui au 7ème ou 8ème enfants voulaient se suicider car elles n’en pouvaient plus. Je souhaite que mes filles connaissent ces histoires. Savoir ce qu’il y avait avant nous aide à trouver le bon équilibre familial qui est fonction de l’époque et nous pousse à être vigilantes pour ne pas laisser perdre les valeurs importantes que les autres ont acquis durement. 

Sur une note plus douce, j’ai aussi voulu leur transmettre la joie de vivre. Donner la vie est le propre du vivant, un instinct irrésistible mais aussi une grande responsabilité. Il faut donc livrer les valeurs qui vont avec, comme un mode d’emploi : le bonheur de vivre. Redécouvrir le monde avec les yeux de nos enfants, s’émerveiller d’une pâquerette, le bonheur d’apprendre à faire un feu , un gâteau au chocolat, le plaisir de sauter, courir, jouer dans les vagues, la neige, peindre, chanter… une transmission merveilleuse.

A chacune sa féminité ! A chacune de la construire et la reconstruire à chaque étape de la vie.

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Un immense merci au Dr Sylvie Peres d'avoir répondu avec autant de sincérité à ces questions

Article rédigé par Margaux, le 12 février 2021

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